blog d'un ancien conseiller municipal de Colombes, ville des Hauts de Seine
La victoire de Nicolas Sarkozy est logique. Il possédait cinq ans d'avance dans la préparation de son élection face à une candidate qui ne s'y est vraiment investie que depuis un an et demi. Les électeurs ont privilégié la solidité, le sûr, le construit. Tous avaient assimilé l'idée que Nicolas Sarkozy serait président, depuis longtemps. Cette avance n'était pas rattrapable par Ségolène Royal.
Cette logique implacable : "celui qui part avant prend de l'avance" peut-elle aussi s'appliquer à notre ville ?
A Colombes, le score est sans appel : Nicolas Sarkozy recueille 46 % (16321 voix ) des suffrages, Ségolène Royal près de 54 % avec 19139 voix. Je sous-estimais donc, dans un récent article, l'ampleur du vote de gauche...
Cette bizzarrerie politique - une ville de droite, en plein 92, qui plébiscite la candidate de gauche ! - mérite une analyse fine et sans langue de bois.
Colombes est-elle devenue une ville de gauche, alors qu'elle a voté pour Chirac en 1995 et pour Nicole Gouéta (à 53 %) en 2001 ?
Je ne le crois pas. Je pense que le scrutin, national dans son essence, a aussi une forte appréciation locale, d'autant que le maire a affiché à de multiples reprises, son soutien au nouveau président désormais élu. Alors que se passe t'il à Colombes ?
La majorité municipale en place depuis 2001 n'arrive pas à assurer son assise électorale à Colombes. Aucun bureau de vote n'est passé à droite depuis qu'elle est là (6 ans !). Pire, elle enregistre des revirements de situation dans des secteurs où traditionnellement, elle arrivait en tête. Enfin, aucune des élections intermédiaires (législatives et cantonales) n'a été remportée par un candidat de la majorité municipale. Toutes l'ont été (ou vont l'être ?) par le PS qui a pris une très forte avance dans la course locale. Autant dire que la situation est grave, voire désespérée pour la majorité municipale.
L'heure des décisions, donc des choix, a sonné. Il va falloir se montrer à la hauteur des enjeux à venir pour répondre à des Colombiens qui se refusent à suivre la politique municipale actuelle. Comment reconquérir la confiance de Colombes ? Voilà la question essentielle à laquelle il va falloir répondre pour être au rendez-vous de mars 2008.