blog d'un ancien conseiller municipal de Colombes, ville des Hauts de Seine
L'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine, créée sous l'impulsion de Jean-Louis Borloo, se veut être la réponse concrète à une des plus graves crises qu'a connue la France, celle de la fracture urbaine, divisant les Français en deux ensembles : les bien et les mal intégrés.
On ne parle pas là de l'intégration des immigrés, mais de l'intégration dans la République, de l'accès pour tous aux mêmes chances, au même ascenseur qui peut élever chacun au niveau social qui correspond à son travail, son engagement et son mérite, quelque soit sa couleur de peau, son origine. Ce principe s'appelle "l'égalité des chances". Il est l'un des trois piliers de notre république.
La politique du logement social trop vite construit, idéologiquement bâti, par quartiers entiers, voire ville entière a gravement atteint notre contrat social, notre vivre ensemble. L'expression urbaine de notre égalité a été atteinte, stigmatisant des millions de Français, séparant les uns des autres et divisant la France en deux.
Colombes en est l'illustration exemplaire. Le Sud et le Nord. Les Fossés-Jean et les Vallées. Le Petit-Colombes et la Petite-Garenne. le Plateau et Europe. La ville est découpée en deux tranches : pavillons et barres, collectifs et individuels, riches et pauvres. Cette scission provoque l'inégalité. Elle est le contraire de la République. Elle est le fruit d'une politique dépassée et d'une vision aliénante de l'homme, espérant le réduire en unités clonées, prônant non plus l'égalité, mais l'égalitarisme et aboutissant à un très grave éclatement social. Ce qui a été réalisé en vingt ans (1960-80) devra être entièrement repris, repensé, reconstruit pour remettre l'homme au centre des préoccupations des bâtisseurs, et non plus le groupe niant les identités individuelles.
Trois quartiers sont concernés par des projets de renouvellement urbain, à Colombes : les Fossés-Jean, l'Europe et le Petit-Colombes/les Grèves. Ils sont assurément les quartiers à traiter en priorité pour leur permettre de s'intégrer davantage dans le tissu urbain colombien. Il faudrait ainsi prévoir davantage de mixité sociale, d'ouverture urbaine vers l'extérieur, l'installation de nouveaux services publics, une dynamique commerciale, bref de vie.
Pour l'instant, les projets avancent à petits pas. Seul, l'Europe va voir enfin deux barres disparaître, pour l'érection d'un nouvel îlot à taille humaine. De nouveaux commerces s'installent, une nouvelle Poste, peut-être un tramway. Voilà un quartier qui revit. Mission accomplie.
Il faudra faire aussi bien pour les deux autres quartiers. Et cela mérite encore de la réflexion, du recul pour ne pas décevoir les Colombiens.
J'avais déjà esquissé quelques idées pour les Grèves. Alimentons le débat pour ne pas avoir encore à tout refaire dans 20 ans !