blog d'un ancien conseiller municipal de Colombes, ville des Hauts de Seine
On connaissait les vignettes géantes posées avant 2001 sur les façades de particuliers, au centre de notre ville.
Elles
témoignaient de l’histoire de Colombes, de notre passé industriel ou artistique. Le pari était plutôt réussi : créer une sorte de jeu de piste, surprenant et plaisant, tout en mettant en valeur notre patrimoine.
Aujourd’hui, de nouveaux thèmes voient le jour. Toujours le même artiste, Jean-Marc Paumier. Mais cette fois, ce sont les bâtiments municipaux (ou quasi) qui seuls se trouvent ornés. Et selon une démarche tout à fait différente : les thèmes choisis sont politiques. Avec des slogans et des visuels qui fleurent bon la propagande.
Ainsi, Jaurès ou Toussaint-Louverture nous haranguent du haut du mur qui les reçoit : « C’est qu’au fond il n’y a qu’une seule race l’humanité » annonce le pacifiste ; « je suis de la couleur qu’on persécute » assène le général haïtien. Ah, cette belle intention ! Ces messages si généreux !
On pourrait s’y laisser prendre… Si on ne se rappelait pas que ces deux figures ont été choisies sur des critères politiques et placés là pour fustiger notre histoire.
Jaurès comme partisan d’un pacifisme béat devant une Prusse hégémonique, héros finalement de ceux qui
pensent que la Grande Guerre était un conflit pour rien, niant ainsi les millions de morts pour la France et la libération de l’Alsace-Lorraine. Toussaint-Louverture est érigé en chantre d’une vision historique communautariste et faire-valoir de ceux qui estiment être des victimes du méchant colonialisme. Je récuse ces tableaux perpétuant la repentance permanente et construisant des murs entre nous. De la culture ? Non. De la pure propagande.
Et les figures habitées par le rassemblement des Français ? Pourquoi ne pas valoriser un De Gaulle appelant à la Résistance ? Un Henri IV signant l'Edit de Nantes ? Un Descartes, un Jacques Cartier, un Foch, un La Pérouse, un Saint-Exupéry, que sais-je encore… ?
Visiblement, la Gauche municipale est prise de la frénésie du tatouage mural. Afin d'apposer sur la ville une marque idéologique démonstrative.
Triste.
PS : Si l'artiste n'est évidemment pas en cause, ce sont bien les sujets qui, eux, posent question. Qui a commandé ? Qui a choisi les sites ? Et pourquoi ? Tout ceci sans débat ni en conseil de quartier ni en conseil municipal. Alors que le symbole est plus visible que le nom d'une rue, qui, elle, doit faire l'objet d'une délibération municipale.